Un peu à l'Ouest de la Mongolie (vidéo)

De route rebondissante en piste défoncée, la petite troupe avance au fil des jours. Effarante la dégradation des pistes mongoles en 16 ans… la forte augmentation du parc automobile doit certainement y être pour quelque chose. La Toyota Prius semble être le modèle le plus apprécié de la classe moyenne mongole. Au vu du nombre de Prius avec volant à droite (quasiment toutes) la filière d’importation Japon - Mongolie via Vladivostok - Ulan Ude doit tourner à plein régime depuis que la BAM (route Vladivostok - Lac Baikal) a été goudronnée dans les années 2010.
Les classes aisées, elles, pavanent en gros 4x4 noir aux vitres fumées.

Belle étape à Jargalant, petite bourgade perdue en plein steppe comme il y en a tant… le policier local en famille nous guide jusqu’à un hébergement à l’extérieur de la cité. Décidément, Moultipass est souvent guidée très gentiment par la maréchaussée de tous pays. Nous verrons bientôt si cette gentille attitude se confirme en Russie avec la GAI (la police de la route racketteuse).

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La réparation de la rotule du bras oscillant inférieur du premier jour montre ses limites et c’est de bonne heure trente (au lever du jour) qu’il faut s’attaquer à la chose. Alors que je suis en train de limer un trou de rondelle de 14 jusqu’à 18 mm, un chauffeur de taxi brousse, pardon taxi steppe, s’approche. Petit salut des 2 côtés, à son regard interrogateur devant ma petite lime ronde, il cherche visiblement à savoir mon problème.
Et c’est là que la mécanique, discipline hautement logique, devient un excellent protocole de communication entre deux êtres humains de même code génétique mais de langues différentes. En trois signes et quatre gestes, il a tout compris, va jusqu’à son véhicule pour en revenir avec une valisette plein de boulonnerie et visserie diverses. Miracle, il a une rondelle qui va pile-poil. Il est sincèrement aussi heureux que moi. Pas simple de démonter un moyeu tout seul alors on y va à quatre mains avec sa perceuse, sa disqueuse et sa clé à chocs sur batterie. Equipé le bougre. On sent le mec autonome habitué à se dépanner tout seul en pleine steppe. Respect « super mongol » !

Position accroupie, travail en silence, échanges par seuls borborygmes, on est bien chez les nomades… les similitudes de comportement avec les gens des régions sahariennes me sautent aux yeux. Ici l’entraide dans la steppe rappelle celle des pistes africaines. On aide toujours celui qui est en panne.

En moins d’une heure, le temps de laisser ses clients petit-déjeuner et s’installer dans le mini-bus, une poignée de mains sincère et un regard chaleureux plus tard, deux hommes heureux se séparent.
La séance de mécanique se termine avant que mes deux compères ne sortent de leur lit respectif.

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Route et piste toujours plus à l’Ouest pour trouver le bleu des mers du sud du lac Khar et ses dunes. Ici, loin des destinations des agences, pas de touristes étrangers, seulement des locaux qui viennent en famille profiter des doux moments d’été en ce lieu aussi étonnant que magnifique. On enchaîne, à mon plus grand plaisir, un deuxième bivouac d’affilée. Petits tours de manège enchanté au petit matin avant le départ, histoire de laisser des souvenirs à quelques enfants et me remplir le cœur de leurs sourires émerveillés.

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Patoche, le Prez du Ducati Club de France (précision pour les rares ne le connaissant pas encore), a repéré une rivière longeant la route du milieu et il se paye une bonne tranche de descente avec son PackRaft sous le regard étonné des vaches mongoles :)
Doit pas arrivé souvent de voir passer un canoë par ici…
Les longues pistes sont derrière nous, nous remontons la route du milieu en direction de Karakorum pour assister au Nadam la grande fête mongole mais ceci est une autre histoire…

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Moultipass, qui voyagera verra